Test : l’Aminosan α de Marukyu.

 
 
 
 
 
 
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L’attirance des poissons envers un appât naturel peut être accentuée de bien des manières : en jouant sur sa couleur, sa taille, mais aussi et surtout sur l’adjonction de « stimulateurs d’appétit ». Ces derniers, totalement artificiels, reposent habituellement sur des complexes d’acides aminés à base de leucine qui non seulement attireront les poissons, mais qui aussi les mettront en appétit.

La poudre Aminosan α (Alpha) de Marukyu contient certes ce genre de complexe d’acides aminés, mais aussi et c’est là son originalité une phéromone de synthèse qui va avoir comme objectif de provoquer en gros un état d’excitation comparable à celui que pourraient éprouver les poissons lors d’une frénésie alimentaire. Elle ne stimule pas l’appétit à proprement dit (ce qui est normalement plus le rôle des acides aminés soit dit en passant), mais plutôt l’instinct et donc la volonté de se nourrir chez l’animal. En gros, si un simple complexe d’acides aminés a peu de chances de mettre un poisson en activité s’il est calé car totalement repu, une phéromone, théoriquement, si…

Cette phéromone exploitée par Marukyu dans l’additif que je propose en test aujourd’hui s’appelle l’Ultrabite α (Alpha). Il s’agit de la dernière évolution en date d’une molécule bien connue dans le monde de la pêche depuis une quinzaine d’année : l’Ultrabite. Cette dernière a été créée à la fin des années 90, à une époque durant laquelle la société londonienne Kiotech International PLC et les scientifiques du CEFASà savoir l’équivalent anglais en gros de l’IFREMER chez nous– travaillaient sur l’amélioration d’une phéromone de synthèse baptisée « factor X », dont la vocation première était de servir de complément alimentaire en aquaculture.

L’idée était alors d’inciter les poissons d’élevage à ne laisser aucun reste lors de leurs repas, ce qui devait permettre de mieux maitriser leur nutrition et donc leur croissance, tout en évitant tout risque de pollution organique de l’eau due à la pourriture des aliments non consommés. C’est cette formule précise qui a été, souvenez-vous, largement commercialisée par Rapala sous le nom de Trigger X.

En travaillant avec les biochimistes de Marukyu, le CEFAS a depuis peu encore plus abouti cette formule qui porte désormais le nom d’Ultrabite α (Alpha). Elle fait aujourd’hui partie d’une vaste gamme de produits, comme les Kuwase Okiami (du krill boosté), divers pâtes d’eschage comme la Uodama ou la Madaï Spécial, ou encore la célèbre Shio Nori, la farine de préparation d’appâts à base d’algues si prisées pour la pêche en iso à la française par chez nous.

Dans le cas de l’Aminosan α, on a affaire à une poudre soluble destinée à des préparations minutes d’appâts frais tels que des crevettes, des filets de poisson ou d’encornet, ou divers mollusques. Elle est conditionnée en petits sachets individuels (cinq par paquet) de 3g. Comptez en moyenne 10 à 13€ pour une « dose »…

Pour l’anecdote, sachez que l’Ultrabite est en fait une combinaison de la célèbre phéromone « Factor x » créée par le CEFAS et, et… ? Des phéromones féminines ! Et oui ! Et on doit cela à une découverte de la fin des années 60, lorsqu’un pêcheur écossais du nom de George Dodd (créateur de la société Kiotech) aurait constaté que des mouches conçues avec les poils pubiens de sa femme prenaient bizarrement toujours plus de poissons ! Sérieux, c’est pas une blague !!! ça a même fait grand bruit lorsque ce produit a été commercialisé aux début des années 2000 au Royaume Unis ! Et le pire, c’est qu’il semblerait en plus que cette attirance pour le moins hallucinante ait été clairement et surtout scientifiquement démontrée par le CEFAS !

Mode d’emploi.

Contrairement à beaucoup de produits Marukyu, l’Aminosan α n’a pas de double rôle. Cette poudre ne modifie par exemple en rien la texture des appâts et ne contribue aucunement à leur conservation. Elle vise à purement booster les esches. Pour se faire, il suffit de les saupoudrer, de mélanger, et de laisser agir quelques minutes, tout simplement. De fait, c’est un produit juste parfait pour l’iso à la française aussi bien pour doper à l’arrache des appâts ramassés à même le lieu de pêche, comme des berniques ou des pousse-pieds, que pour donner un coup de fouet par exemple à des tronçons de crevettes.

A noter que les phéromones contenues dans la poudre perdent toute rémanence au bout de 12 heures. Cela veux dire quoi ? Et bien qu’une attractivité va exister aux alentours des appâts de façon suffisamment durable pour potentiellement créer de l’activité sur la zone le temps d’une partie de pêche, mais sans pour autant avoir d’impact environnemental à long terme.

En conclusion.

L’Aminosan α a un côté clairement ultra pratique… Très peu encombrants, vos petits sachets pourront être trimballés sans problème dans un fond de poche afin de pouvoir booster vos appâts « à la demande ». Cette poudre n’a pas d’odeur et ne graisse pas les appâts, et le dosage d’un sachet semble idéal pour préparer pile poil de quoi s’assurer une journée de pêche en iso.

Exactement comme pour l’Ebishaki, l’Aminosan α se montre juste redoutable d’efficacité par rapport à des appâts non boostés, tout particulièrement lorsque les poissons sont peu actifs. Seul bémol, il est très difficile de percevoir en quoi les phéromones créent une vraie différence par rapport aux acides aminés, la poudre contenant les deux. Je pense que pour mieux relativiser tout ça, il faudrait mettre en vis à vis des appâts boostés uniquement avec des acides aminés (Ebishaki), et des appâts préparés avec de l’Aminosan α. Un test que je n’ai personnellement pas fait, mais qui devrait être pour le moins intéressant pour bien comprendre la plus valu que peuvent concrètement apporter les phéromones, et surtout dans quelles situations exactes. Quoi qu’il en soit, force est de constater qu’en iso à la française les résultats sont bel et bien là sur le sar, et sur le principe c’est bien l’essentiel !

Crevettes sauce Aminosan α ! Un combo indéniablement efficace !

Par contre s’agissant d’un produit qui ne contribue pas à la conservation des appâts, inutile de ramener ceux que vous n’aurez pas utilisés afin de les congeler. Ils seront perdus s’ils ont pris un coup de chaud.

Les plus :

  • Pratique !
  • Efficace !
  • Aucune rémanence des phéromones donc aucun impact environnemental.

Les moins :

  • Ne contient pas de conservateur, donc les appâts préparés devront impérativement être utilisés.

Pour aller plus loin.

L’Aminosan α a été surtout conçue à l’origine il me semble pour booster de petites quantités de mini crustacés plutôt tendres, comme du krill. Mais comment se comporte exactement ce produit en terme d’imprégnation sur des crustacés plus gros, ou à la carapace plus dure, ou cuits… ? Et sur les autres esches ? Quelle quantité de crevettes une dose de cet additif va t-elle permettre exactement de préparer de façon optimale ? Autant de questions qui doivent je pense trouver leur réponse sur le packaging, mais… en japonais ! Pour le coup la seule remarque que je pourrais faire au sujet de l’Aminosan α va concerner ce point précis : à quand un packaging adapté au marché occidental (a minima en anglais) comportant l’ensemble des contextes et éventuelles précautions d’usage à respecter ?

Il s’agit d’une remarque valable pour l’ensemble des produits Marukyu soit dit en passant, des produits souvent aussi qualitatifs que ciblés sur un type d’usage précis. Si je soulève ce point, c’est avant tout parce que j’ai constaté que les rares déçus de cette marque l’ont été surtout parce qu’ils se sont mépris sur la fonction première du produit qu’ils ont acheté, ça ou sur la façon exacte de l’utiliser… Ce qui au vu de leur qualité est vraiment dommage je trouve.